Text only | Skip links
Skip links||IT Services, University of Oxford

1. La transcription des sources primaires

2. Enjeux de la transcription

3. Les principaux éléments TEI utiles pour la transcription

4. Structure logique et mise en page du texte

5. Encodage de la structure logique (prose)

6. Encodage de la structure logique (vers)

7. Encodage de la structure physique

8. Encodage de la structure physique : exemple

9. Mise en page

10. Titres courants, réclames, etc.

11. Les abréviations

12. Les abréviations et leur résolution

13. Encoder les abréviations

14. <am> et <ex>

15. Un exemple

16. Encodage des abréviations de cet exemple

17. Utilisation de <choice>

18. Catégoriser les abréviations

19. Corrections

20. Normalisation

21. Normalisation (exemple)

22. Ajouts, suppressions et substitutions

23. <add> et <del> : exemples

24. <addSpan> et <delSpan>

25. Substitutions

26. <subst> : exemples

27. Un autre exemple d’utilisation de <subst>

28. Annulation des suppressions et autres opérations

29. Restitutions de portions de texte dans la transcription

30. Métadonnées du texte restitué

31. L’élément <gap>

32. Autres utilisations de l’élément <gap>

33. Dommages matériels et difficultés de lecture

34. <handNote>

35. <handNote> : exemple

36. <handShift>

37. Autre exemple d’utilisation de <handShift>

38. hand, resp, cert

39. Édition d’un texte à partir de plusieurs témoins

40. Stemma ou tableau de la tradition

41. <listWit> et <witness> : exemple

42. Encodage de l’apparat critique avec <app>

43. Encodage de l’apparat critique avec <app> : exemple

44. Notes explicatives

45. <note> : exemple

46. Un exemple de métadonnée : la langue du texte

47. Autres composantes d’une édition de manuscrit

1. La transcription des sources primaires

Quelles caractéristiques d’une source primaire pourrait-on vouloir exprimer dans un travail de transcription ? Petite liste non exhaustive :

  • la structure logique du texte
  • la manière dont le texte est inscrit sur la page
  • les abréviations
  • les ajouts et suppressions
  • les erreurs et omissions
  • l’orthographe
  • le rendu formel original (s’il a une importance)
  • la ponctuation originale
  • le cas échéant, les illustrations, dessins ou graphiques illustrant le texte
  • peut-être d’autres choses, selon le point de vue qu’on adopte et les objectifs du projet...

2. Enjeux de la transcription

Mettre à disposition du plus grand nombre de chercheurs ou curieux des sources primaires, en les rendant compréhensibles, est bien évidemment très souvent le principal enjeu.

Dans tous les cas, la transcription s’appuiera sur des règles éditoriales qui seront explicitées, et qui seront elles-mêmes fondées sur des recommandations admises dans la discipline scientifique concernée.

Dans certains cas, on cherchera à établir le texte à partir de plusieurs témoins. On ajoutera à la transcription un stemma ou tableau de la tradition, et des notes d’apparat critique.

Dans tous les cas, la transcription est la première étape du travail d’édition, qui implique aussi de mettre en place un paratexte adapté aux besoins du projet, et qui peut aller jusqu’à implémenter une logique de recherche.

Ainsi, dans la plupart des cas, on voudra expliquer certains termes, donner les informations utiles pour identifier un lieu, une personne, etc. Il s’agira alors d’ajouter des notes explicatives ou historiques.

Si on veut encoder correctement la transcription et tout ce qu’on lui ajoute pour rendre compréhensible et exploitable le texte, qu’on le fasse directement en TEI ou qu’on passe par une étape intermédiaire, on devra choisir les éléments et attributs TEI adaptés (le modèle d’encodage choisi doit respecter et exprimer sans ambiguité ces règles éditoriales).

3. Les principaux éléments TEI utiles pour la transcription

Définis dans le module 'core' :
<abbr>, <add>, <choice>, <corr>, <del>, <expan>, <gap>, <sic>
Définis dans le module 'transcr' :
<addSpan>, <am>, <damage>, <damageSpan>, <delSpan>, <ex>, <facsimile>, <fw>, <handNotes>, <handShift>, <restore> <space>, <subst>, <supplied>, <surface>, <zone>
Définis dans le module 'textcrit' :
<app>, <lacunaEnd>, <lacunaStart>, <lem>, <listWit>, <rdg>, <rdgGrp>, <variantEncoding>, <wit>, <witDetail>, <witEnd>, <witStart>, <witness>

4. Structure logique et mise en page du texte

Par structure, on entend l’organisation du texte en parties constituantes, par mise en page la manière dont le texte est inscrit, réparti, sur le support.

Le texte étudié et l’objet physique sur lequel ce texte est inscrit ont des structures hiérarchiques distinctes, qu’il faut toutes les deux encoder dans l’idéal. En effet l’incarnation matérielle du témoin étudié donne du sens, ou encore elle peut être étudiée en tant que telle.

5. Encodage de la structure logique (prose)

  • <div> sert à marquer les divisions les plus importantes ; saisir une valeur dans l’attribut type pour consigner la nature de la division, "chapitre", "section", etc.
  • au sein de <div>, une unité de sens est encodée au moyen de <p> (paragraphe)
  • <list>, <table> et <figure> sont utiles pour encoder les listes, les tableaux et les illustrations
  • des éléments plus spécialisés existent pour encoder des sections propres à certains types de texte : <opener>, <salute>, <trailer> pour la correspondance, <titlePage> pour une page de titre ; <argument> pour les principaux sujets du discours s’ils sont donnés au début du texte...
  • des segments de texte plus petits que des paragraphes peuvent aussi être distingués, à l’aide d’éléments tels que <s> (phrase) ou <seg> (segment)
  • les citations incluses dans le texte peuvent être isolées au moyen des éléments <quote> ou <cit> (ce dernier, lorsque l’auteur fournit aussi la source du texte cité).

6. Encodage de la structure logique (vers)

  • on dispose de <l> (pour "line" : ligne de vers) et <lg> (pour "line group" : groupe de lignes fonctionnant comme une unité formelle)
  • l’attribut typesera là aussi utilisé pour identifier le type d’unité formelle, comme "strophe", "couplet".
  • lignes et groupes de lignes peuvent aussi être numérotés en utilisant les attributs n et xml:id.

7. Encodage de la structure physique

Pour exprimer la manière dont le texte est inscrit sur le support physique, des éléments vides de type ‘milestone’ (borne) sont disponibles, <pb/>, <cb/> et <lb/>, qui correspondent respectivement à la désignation des fins de page, colonne et ligne. On peut aussi numéroter et identifier ces éléments, au moyen des attributs n et xml:id.

8. Encodage de la structure physique : exemple

Source : THELEME (techniques pour l’historien en ligne), dossier n°99.

<p>[...] et hi sicut Laodicenses sunt Asia- <lb n="2"/> -ni et ipsi
<expan>p<ex>re</ex>venti</expan> erant a pseudo a- <lb n="3"/>
-postolis, nec ad hos accessit ipse
<expan>Ap<ex>osto</ex>l<ex>u</ex>s</expan>,
<expan>s<ex>ed</ex>
 </expan>
 <lb n="4"/> et hos <expan>p<ex>er</ex>
 </expan>
 <expan>ep<ex>isto</ex>lam</expan> corrigit. [...] </p>

9. Mise en page

L’élément <hi> est utile si l’on veut spécifier qu’un segment du texte initial est mis en valeur graphiquement ("higlighted") d'une certaine manière dans la source (par ex. écrit en plus grosses lettres, décoré, souligné...). L’attribut rend permet de spécifier de quel effet graphique il s’agit.

L’élément <space> sert pour consigner l’existence d’une espace significative dans le texte, laissée par le scripteur pour une raison ou une autre.

10. Titres courants, réclames, etc.

<fw>
L’élément <fw> (forme work, ou élément de mise en page) permet d’encoder un titre courant (en haut ou en bas de la page), une réclame ou une autre information comparable, qui apparaît sur la page courante.
<fw place="top-centretype="head">Poëms.</fw>
<fw place="top-righttype="pageno">29</fw>
<fw place="bot-centretype="sig">E3</fw>
<fw place="bot-righttype="catch">TEMPLE</fw>

11. Les abréviations

Les abréviations sont très caractéristiques des manuscrits de toutes sortes. L’usage est de distinguer plusieurs types d’abréviations :
Abréviations par suspension
la ou les premières lettres du mot sont écrites, suivies en général d’un point ou d’une autre marque : par exemple e.g. pour exempli gratia.
Abréviations par contraction
les première(s) et dernière(s) lettres du mot sont écrites, accompagnées le plus souvent d’un signe abréviatif tel que trait suscrit, ou, plus rarement, un point : par exemple Mr. pour Mister. Des lettres suscrites (voyelles ou consonnes) sont également souvent utilisées pour indiquer qu’on a procédé à des contractions, elles-mêmes de divers types : par exemple w suivi de ch suscrit pour which.
"Brévigraphes"
ce sont des symboles spécifiques, tels que la note tironienne (⁊) utilisée à la place de la conjonction de coordination ‘et’, ou la lettre p barrée (ᵱ), souvent utilisée à la place de la syllabe per.

12. Les abréviations et leur résolution

Une abréviation peut être restituée de deux manières :
  • on peut choisir de consigner l’abréviation non développée, en la transcrivant simplement comme une séquence spécifique de lettres ou de symboles sur la page : par exemple, un ‘p avec une barre au travers du jambage’ ou un ‘a avec un macron’
  • on peut aussi interpréter ou développer l’abréviation, en remplaçant la ou les lettres par leur signification : par exemple, ‘per’, ‘an’

La TEI permet de fournir à la fois les formes abrégées et développées des abréviations.

13. Encoder les abréviations

La TEI propose deux niveaux d’encodage :
  • la totalité d’un mot abrégé et la totalité de sa forme développée peuvent être encodés au moyen des éléments <abbr> et <expan>
  • le symbole utilisé pour indiquer la suppression d’une ou plusieurs lettres, et les lettres substituées à ce symbole lorsqu’on résoud l’abréviation, peuvent être respectivement encodés au moyen des éléments <am> et <ex>
Ici aussi on peut utiliser les deux niveaux conjointement.

14. <am> et <ex>

Avec ces éléments, qui font partie du module ’transcr’, l’éditeur peut indiquer quel est le statut des lettres ou des signes au sein de l’abréviation et au sein de la forme développée.
  • <ex> (editorial expansion, en français « développement éditorial ») contient une succession de lettres ajoutées par un éditeur ou un transcripteur pour développer une abréviation.
  • <am> (abbreviation marker, en français « marqueur d’abréviation ») contient une succession de lettres ou de signes présents dans une abréviation mais omis ou remplacés dans la forme développée de l’abréviation.
Auparavant, on se servait d’autres éléments tels que <hi> et <supplied>, hors de leur périmètre normal d’utilisation, pour marquer les lettres et signes composant les abréviations et développements.

15. Un exemple

L’image ci-après montre un petit extrait d’une charte de la fin du XIIe siècle dans laquelle ont été utilisées de nombreuses abréviations : . On s’intéresse ici au mot latin libere (librement), qui est écrit en utilisant un brévigraphe voulant ici dire "ber", le b avec un tilde.

16. Encodage des abréviations de cet exemple

Selon la stratégie éditoriale, on peut encoder cette inscription de l’une ou l’autre des manières ci-après (on dispose du caractère Unicode utile) :
<p>
 <abbr>liᵬe</abbr> ou <expan>libere</expan>
</p>
<p> li<am></am>e ou li<ex>ber</ex>e </p>
<p>
 <abbr>li<am></am>e</abbr>

ou <expan>li<ex>ber</ex>e</expan>
</p>

17. Utilisation de <choice>

Toutes ces paires d’éléments peuvent être englobées dans un élément <choice> :
<p> li<choice>
  <am></am>
  <ex>ber</ex>
 </choice>e </p>
<choice>
 <abbr>li<am></am>e</abbr>
 <expan>li<ex>ber</ex>e</expan>
</choice>

18. Catégoriser les abréviations

Avec l’attribut type de l’élément <abbr>, on peut établir la distinction entre plusieurs types d’abréviations, qu’il s’agisse de préparer une analyse statistique ou de restituer ces abréviations de manière différente selon leur type et en fonction des règles d’édition critique définies pour le projet, pour l’institution ou pour le pays. Ainsi, on peut vouloir afficher le développement des abréviations par suspension entre crochets, d’autres types en italique ou entre parenthèses.
<choice>
 <abbr type="brevigraphe">li<am></am>e</abbr>
 <expan>li<ex>ber</ex>e</expan>
</choice>
L'inscription encodée ci-dessus peut être affichée comme suit :
li(ber)e

Comme pour d’autres éléments, les attributs resp et cert peuvent aussi être utilisés pour indiquer qui est responsable de la forme développée, et le degré de certitude de cette interprétation.

19. Corrections

L’élément <sic> peut être utilisé pour indiquer que la leçon donnée par le manuscrit est erronée ou n’a pas de sens, tandis que l’élément <corr> sert à fournir ce qui est la leçon correcte selon l’opinion de l’éditeur :
<sic>relea</sic>
<corr>relicta</corr>
Les deux éléments peuvent être associés au sein d’un élément <choice> :
<choice>
 <sic>relea</sic>
 <corr>relicta</corr>
</choice>

20. Normalisation

les sources primaires utilisent rarement l’orthographe moderne. Pour la recherche ou pour d’autres raisons liées aux traitements informatiques prévus, la graphie moderne peut s’avérer utile dans une transcription. L’élément <reg> (regularized, en français régularisation) est disponible pour encoder une forme normalisée, tandis que l’élément <orig> (forme originale) contient la graphie d’origine non normalisée. On peut si on le souhaite regrouper ces éléments de contenu alternatif en utilisant l’élément <choice>.

21. Normalisation (exemple)

<lg>
 <l>There was an Old Woman,</l>
 <l>
  <choice>
   <orig>Liv’d</orig>
   <reg>Lived</reg>
  </choice> under a hill,</l>
 <l>And if she <choice>
   <orig>’int</orig>
   <reg>isn’t</reg>
  </choice> gone,</l>
 <l>She lives there still.</l>
</lg>

22. Ajouts, suppressions et substitutions

Les changements opérés sur le texte inscrit, qu’ils soient faits par le scripteur ou ultérieurement par une autre main, peuvent être encodés au moyen des éléments <add> (ajout) ou <del> (suppression).
  • <add> contient des lettres, des mots ou des phrases insérées dans le texte par un auteur, un copiste, un annotateur ou un correcteur.
  • <del>contient une lettre, un mot ou un passage supprimé, marqué comme supprimé, sinon indiqué comme superflu ou erroné dans le texte par un auteur, un copiste, un annotateur ou un correcteur.
Lorsque les ajouts et suppressions sont considérés comme une seule opération de substitution, les éléments <add> et <del> peuvent être groupés au moyen de l’élément <subst> (substitution).

23. <add> et <del> : exemples

<add hand="#PDNplace="margin-left">
 <subst>
  <del>Oui</del>
  <add>Non, une demie</add>
 </subst>
</add>

24. <addSpan> et <delSpan>

Ces deux éléments délimitent une section de texte au moyen de pointeurs plutôt qu’en encadrant la section de texte. Ils sont utiles si un ajout ou une suppression chevauche une autre portion de texte.

L’attribut spanTo indique où se situe la fin d’une portion de texte commençant par l’élément qui porte l’attribut.

<addSpan spanTo="#id4"/>
<!-- added text -->
<anchor xml:id="id4"/>

25. Substitutions

L’élément <subst> (substitution) associe une ou plusieurs suppressions avec un ou plusieurs ajouts lorsque cette combinaison peut être considérée comme une seule intervention sur le texte. Exemples :
  • un mot ou une lettre écrit par-dessus un(e) autre
  • un mot ou une lettre supprimé, remplacé par un(e) autre écrit au-dessus par la même main lors de la rédaction du texte
  • un mot ou une lettre supprimé, remplacé par une main différente à un autre moment
  • une longue série de substitutions portant sur un segment de texte, l’ordre des substitutions pouvant être incertain, ainsi que le choix de la leçon à préférer

26. <subst> : exemples

<l>
 <delSpan rend="verticalStrikespanTo="#delend02"/> Tis moonlight <subst>
  <del>upon</del>
  <add>over</add>
 </subst> Oman’s sky
</l>
<l>Her isles of pearl look lovelily<anchor xml:id="delend02"/>
</l>

En l’absence d’indication, la suppression précède l’ajout, mais l’attribut seq peut être utilisé pour spécifier dans quel ordre les interventions ont eu lieu.

<p> One must have lived longer with <subst>
  <del seq="1">this</del>
  <del seq="2">
   <add seq="1">such a</add>
  </del>
  <add seq="2">a</add>
 </subst> system, to appreciate its advantages. </p>

27. Un autre exemple d’utilisation de <subst>

Source de l’exemple : édition critique du cartulaire blanc de Saint-Denis, chapitre de Beaurain, acte 35.

<p>[...] Confiteor etiam me <app n="d">
  <lem>teneri</lem>
  <rdg wit="#beaurain-acte35-B">tener<subst>
    <del>e</del>
    <add>i</add>
   </subst>
  </rdg>
  <note>
   <foreign xml:lang="lat">tenere</foreign>corrigé par surcharge
     d’un i, B.</note>
 </app> ad hoc quod hoc dictum dicti domini Stephani faciam laudari[...]
</p>

28. Annulation des suppressions et autres opérations

L’élément <restore> indique une intervention qui conduit au retour du texte à un état antérieur, par annulation d’une opération ou instruction de l’éditeur ou de l’auteur.

Si dans la ligne ‘For I hate this my body’ du poème de D. H. Lawrence Eloi, Eloi, Lama Sabachthani?, le mot ‘my’ a d’abord été supprimé puis restauré en écrivant ‘stet’ dans la marge, on pourra encoder ce processus ainsi :
<p>[...] For I hate this <restore hand="#dhltype="marginalStetNote">
  <del>my</del>
 </restore> body [...]</p>

29. Restitutions de portions de texte dans la transcription

Lorsqu’un mot est restitué par l’éditeur, on peut utiliser l’élément <supplied>.

Il est d’usage de distinguer le texte devenu aujourd’hui illisible ou disparu par suite de dommages matériels, mais réputé présent à l’origine dans le document manuscrit (qui est imprimé entre crochets carrés selon certaines conventions éditoriales), et le texte réputé omis par inadvertance par le scripteur (imprimé alors le plus souvent entre crochets pointus). On fera cette distinction dans le fichier TEI en se servant de l’attribut reason :
<p>…Dragging the worst among<supplied reason="omitted">s</supplied>t us…</p>

30. Métadonnées du texte restitué

les attributs resp and cert peuvent être employés ici comme ailleurs. Un attribut source est également disponible pour indiquer qu’on se fie à un autre témoin du texte pour proposer une restitution :

Source de l’exemple : édition critique du cartulaire blanc de Saint-Denis, chapitre de Beaurain, acte 2.

<lem>Dampni<supplied source="#beaurain-acte2-indiqué-noir">pe</supplied>tra</lem>
<note>
 <q>pe</q> largement effacé dans B, rétabli d’après l’Anc.
inv. noir
</note>

31. L’élément <gap>

Lorsque le texte manquant ne peut être rétabli, l’élément à utiliser est <gap>. A l’aide de l’attribut reason, on pourra donner la raison de cette lacune dans la transcription, et les attributs extent et unitdonneront la taille présumée du segment manquant.
<gap reason="damageextent="7unit="chars"/>

32. Autres utilisations de l’élément <gap>

L’élément <gap> peut aussi être utilisé lorsque le segment de texte, bien présent et lisible, est omis dans la transcription, que ce soit pour des raisons éditoriales ou parce qu’on a sélectionné les sections de texte à transcrire.
<div rend="slide">
 <head>Lectio x.</head>
 <p> Hic itaque paterfamilias ad excolendam <gap
    extent="20"
    unit="words"
    reason="not transcribed"
    resp="#DC"/>
congregare non desistit.
 </p>
</div>

33. Dommages matériels et difficultés de lecture

Utiliser l’élément <unclear> si le texte est devenu partiellement illisible, par exemple par suite de suppression ou dommages matériels, de sorte qu’il peut être lu mais sans certitude.

Utiliser l’attribut reason pour déclarer la cause de l’incertitude dans la transcription et l’attribut cert pour donner une idée de la confiance que l’on peut avoir dans la transcription.

<add hand="#EPRplace="inspace">Envoyez-moi une épreuve <unclear cert="medium">W</unclear>
 <gap reason="non-dechiffrable"/>
</add>

L’élément <damage> est à utiliser pour indiquer les zones du document sur lesquelles des dommages matériels affectent le texte, mais où l’on peut lire au moins une partie du texte avec certitude. Les attributs agent et extent précisent respectivement la cause et l’étendue des dommages.

34. <handNote>

L’élément <handNote> (note sur une main) est utilisé pour fournir des informations sur chacune des mains qui sont reconnues dans le document édité.

  • Quand le module 'transcr' est utilisé, l’élément <handNotes> est disponible au sein de l’élément <profileDesc> de l’en-tête TEI, pour contenir un ou plusieurs éléments <handNote>. (méthode simple)
  • Quand le module 'msdescription' est utilisé, l’élément <handDesc> devient également disponible comme une partie de la description structurée d’un manuscrit.

Il est possible d’utiliser ensemble les deux éléments si, par exemple, l’élément <handDesc> contient un résumé unique décrivant toutes les mains successivement, pendant que l’élément <handNotes> décrit les particularités de chacune des mains.

35. <handNote> : exemple

<physDesc>
 <handDesc>
  <handNote xml:id="secretairescope="major">Un secrétaire a couché
     par écrit une liste de questions.</handNote>
  <handNote xml:id="PDNscope="minor">Philippe de Noailles
     (1715-1794), intendant et gouverneur du château et domaine de
     Versailles, a porté dans la marge de gauche les réponses du roi,
     en paraphant ces réponses. Il a également signé le
     document.</handNote>
  <handNote xml:id="anonymescope="minor">une autre main a noté la
     date du document en haut de la page.</handNote>
 </handDesc>
</physDesc>

36. <handShift>

<handShift> (reprise de main) marque le début d’une section du texte écrite par une nouvelle main ou le début d’une nouvelle séance d’écriture.

<l>When wolde the cat dwelle in his ynne</l>
<handShift medium="greenish-ink"/>
<l>And if the cattes skynne be slyk <handShift medium="black-ink"/> and gaye</l>
<handNotes>
 <handNote xml:id="h1script="copperplate">Carefully written with regular
   descenders</handNote>
 <handNote xml:id="h2medium="pencil">Unschooled scrawl</handNote>
</handNotes>

37. Autre exemple d’utilisation de <handShift>

<handShift new="#h1resp="#das"/>
<p>... and that good Order Decency and regular worship may be once more
introduced and Established in this Parish according to the Rules and
Ceremonies of the Church of England and as under a good Consciencious and
sober Curate there would and ought to be <handShift new="#h2resp="#das"/>
and for that purpose the parishioners pray </p>

38. hand, resp, cert

<p>
 <add place="suprahand="#WJcert="medium"> But</add>
 <choice>
  <sic>One</sic>
  <corr resp="#FBcert="high">one</corr>
 </choice> must have lived ...
</p>
<!-- elsewhere -->
<respStmt xml:id="FB">
 <resp>editorial changes</resp>
 <name>Fredson Bowers</name>
</respStmt>
<respStmt xml:id="WJ">
 <resp>authorial changes</resp>
 <name>William James</name>
</respStmt>

39. Édition d’un texte à partir de plusieurs témoins

Dans de nombreuses disciplines des SHS, le texte est considéré comme une abstraction, ou comme un ensemble qui a évolué après sa première inscription, et dont on a souvent plusieurs témoins (les documents qui en donnent une leçon). Qu’il s’agisse de génétique textuelle littéraire ou de diplomatique, on s’efforce alors de classer les témoins les uns par rapport aux autres, pour définir un stemma ou autre tableau de la tradition. On choisit ensuite le plus souvent un témoin de référence, et c’est alors en éditant ce témoin qu’on va lui rapporter les variantes significatives des autres témoins, antérieurs ou plus souvent postérieurs. On compose alors un apparat critique.

Quelques lignes ci-après pour préciser rapidement comment TEI répond à ce besoin.

40. Stemma ou tableau de la tradition

On peut utiliser <listWit> pour encoder le stemma. <listWit> contient autant d’éléments <witness> que nécessaire pour décrire chacun des témoins. La description des témoins peut être rapide et non structurée (du texte), ou au contraire utiliser des éléments tels que ceux relatifs à la description des manuscrits, ou aux références bibliographiques.

Si on veut ensuite relever toutes les leçons des différents témoins en les rapportant à chacun des témoins, il faut donner un identifiant à chacun des éléments <witness>.

<witness> peut contenir à son tour <listWit>, ce qui permet éventuellement de regrouper la description de certains témoins.

41. <listWit> et <witness> : exemple

Exemple simple, tiré de l’édition critique du cartulaire blanc de Saint-Denis, chapitre de Beaurain, acte 63.
<listWit>
 <witness xml:id="beaurain-acte63-Bn="B"> Cart. blanc, t. I, p.
   563b-564a, n° LXIII, <q xml:lang="lat">Carta Guidonis
     de Leviis de nemoribus, pratis et terris</q>. </witness>
 <witness xml:id="beaurain-acte63-Cn="C">Cart. Beaurain, p. 26.
 </witness>
</listWit>

42. Encodage de l’apparat critique avec <app>

Pour encoder les notes d’apparat critique, une des solutions est d’utiliser l’élément <app>. On peut mettre en oeuvre plusieurs méthodes différentes (voir la section ad hoc des Guidelines TEI ; nous parlerons uniquement ici de la méthode dite de segmentation parallèle. Dans <app>, on trouve notamment <lem>, qui peut éventuellement servir à encoder la leçon du témoin de base, et <rdg> (leçon), qui est répétable et permettra d’encoder les différentes leçons des témoins du texte. L’attribut wit de <rdg> permet de spécifier de quel témoin déclaré dans le tableau de la tradition on donne la leçon.

Dans <app>, l’élément <note> permet si on le souhaite d’ajouter une note éditoriale expliquant ou commentant le relevé des leçons.

43. Encodage de l’apparat critique avec <app> : exemple

Exemple, tiré de l’édition critique du cartulaire blanc de Saint-Denis, chapitre de Beaurain, acte 63 :
<p> [...] tandem predicta <app n="b">
  <lem>domna</lem>
  <rdg wit="#beaurain-acte63-B">domna <del>Petra</del>
  </rdg>
  <note>suivi de Petra, exponctué, B.</note>
 </app> mater nostra de consilio amicorum suorum et aliorum bonorum
virorum composuit[...] </p>

44. Notes explicatives

La transcription d’un manuscrit peut être enrichie de notes telles que commentaires explicatifs, identification de lieux ou personnes, etc. Avec TEI, il est possible d’encoder autant de couches d’annotation qu’on le souhaite. L’élément <note> est en effet doté de plusieurs attributs, xml:id (pour identifier la note et pointer vers cette note autant de fois que nécessaire), type pour spécifier le cas échéant de quel type de note il s’agit, n pour affecter une lettre ou un nombre à la note afin de la désigner ou de générer un appel de note.

Selon les cas, on pourra choisir d’encoder les notes directement dans le corps de la transcription (cette méthode est simple), ou hors de la transcription (méthode plus complexe à mettre en œuvre pour une personne, car alors il faudra établir un lien vers la note, mais souvent préférée pour diverses raisons).

45. <note> : exemple

Exemple tiré de : L’année 1437 dans la pratique de Pierre Christofle, notaire du Châtelet d’Orléans GREPSOMM Par Kouky Fianu et Anne Fortier, université d’Ottawa (Ontario, Canada) (transcription en TEI de la minute 5) :
<p> icelui Chambau<supplied>t</supplied> se tint et tient enterinement pour
contante<ref
   type="note"
   n="3"
   xml:id="minute-0005-a-003"
   target="#minute-0005-n-003"/>
, sattisfait et paié et agreé par
devant ledit notaire des dessus nommez. </p>
<!-- Plus loin, hors de l’édition -->
<note n="3xml:id="minute-0005-n-003target="#minute-0005-a-003">Comprendre <q>contant</q>.</note>

46. Un exemple de métadonnée : la langue du texte

Il peut être important de noter la langue du texte ou la langue d’une portion de texte, à l’aide de l’attribut xml:lang qui est disponible pour la plupart des éléments TEI.

L’élément <foreign> peut être employé si un mot ou une expression figurent dans le texte, que leur langue diffère de la langue du texte et qu’aucun autre élément plus spécifique n’est déjà utilisé pour ce mot ou cette expression.

47. Autres composantes d’une édition de manuscrit

On pourra bien sûr trouver, en plus des composants présentés ci-dessus, d’autres informations autour de la transcription d’un manuscrit :
  • la description du manuscrit lui-même (pour l’encoder, utiliser les éléments TEI du module 'msdescription') ;
  • des éléments d’indexation, pour les lieux, personnes, organismes, mentionnés dans le texte, associés ou non à des notices d'autorité : c’est l’objet d’une autre séance !

En outre TEI pourra servir à apposer sur le document des grilles d’interprétation, littéraire, linguistique, diplomatique, sémantique ; ou encore aligner texte et traduction, texte et images...



Florence Clavaud (École nationale des chartes). Date: juin et septembre 2010
Copyright University of Oxford